Une analyse récente d’ENGINE fait état de changements dans la viabilité commerciale du biodiesel B100 et des mélanges à base de gazole marin à faible teneur en soufre (LSMGO) par rapport au fioul conventionnel à très faible teneur en soufre (VLSFO).

ENGINE, société d’analyse de données du secteur maritime, a signalé une évolution des dynamiques de prix du biodiesel B100 et des mélanges à base de gazole marin à faible teneur en soufre (LSMGO). Son rapport « Fuel Switch Snapshot » indique que ces carburants de substitution sont devenus moins compétitifs en matière de prix par rapport au fioul à très faible teneur en soufre (VLSFO).
Le B100, un biocarburant composé à 100% d’esters méthyliques d’acides gras (FAME), offrait auparavant un avantage financier dans certains centres d’avitaillement maritime. Toutefois, cet avantage concurrentiel s’est réduit. Cette évolution s’explique principalement par une hausse des prix du B100 par rapport aux autres carburants marins.
De même, les mélanges dont le LSMGO constitue le composant principal ont également vu leur attrait commercial diminuer. Ces mélanges, qui associent du LSMGO à une proportion plus faible de FAME (par exemple, LBM, B30, B24), sont désormais moins économiques que le VLSFO.
Le rapport « Fuel Switch Snapshot » a notamment souligné que la prime de prix du B100 par rapport au VLSFO s’était accrue. Cette tendance a été observée dans plusieurs sites d’avitaillement où le B100 est disponible pour un usage maritime. Ce surcoût le rend moins attrayant pour les exploitants de navires qui envisagent de changer de carburant.
Facteurs de marché influençant les prix
Plusieurs facteurs de marché contribuent à ces mouvements de prix. La hausse du coût des FAME, composant clé du B100 et d’autres mélanges de biocarburants, constitue un élément important. La demande mondiale de FAME dans divers secteurs, conjuguée à la disponibilité des matières premières, influence leur prix.
Les variations des cours du pétrole brut jouent également un rôle, en influant sur le coût des carburants marins conventionnels comme le VLSFO. Lorsque les prix du VLSFO restent stables ou diminuent tandis que les coûts des composants des biocarburants augmentent, l’incitation économique à passer aux biocarburants ou aux mélanges à base de LSMGO s’amenuise.
L’analyse indique que l’écart de prix entre le fioul à haute teneur en soufre (HSFO) et le VLSFO s’est également resserré. Cela réduit l’intérêt économique d’installer des épurateurs de gaz d’échappement pour se conformer à la réglementation sur les émissions de soufre, le délai de récupération de l’investissement étant susceptible de s’allonger.
Conséquences pour l’approvisionnement en carburant
Cette évolution des dynamiques de prix impose aux exploitants de navires de réévaluer leurs stratégies d’approvisionnement en carburant. Les décisions concernant le type de carburant, y compris l’adoption de biocarburants ou de mélanges à base de LSMGO, sont fortement influencées par les écarts de prix en vigueur et la disponibilité.
À l’inverse, l’écart de prix entre le VLSFO et le LSMGO est resté stable ou s’est légèrement creusé dans certaines régions. Cela indique que, si la viabilité commerciale des mélanges à base de LSMGO contenant des FAME a diminué, le LSMGO pur continue de se négocier avec une prime par rapport au VLSFO, conservant sa position sur le marché pour répondre à des besoins opérationnels spécifiques.
Ce que cela signifie
Pour les négociants en matières premières et les armateurs, l’évolution signalée des prix du B100 et des mélanges à base de LSMGO laisse entrevoir une réduction actuelle de l’incitation économique à adopter ces types de carburants plutôt que le VLSFO. Cela implique de suivre de près les dynamiques des marchés des FAME et du pétrole brut, car les fluctuations des écarts de prix ont une incidence directe sur les coûts d’exploitation et l’attrait des stratégies de recours aux carburants de substitution. Le resserrement de l’écart HSFO-VLSFO pourrait également influencer les décisions d’investissement dans les épurateurs de gaz d’échappement, laissant présager le maintien du VLSFO comme principal carburant de soute, à moins que d’autres facteurs économiques ou réglementaires n’évoluent sensiblement.
Sources et attribution
Article rédigé à partir de Bunkering trade wire. Consulter l’article original