Le secteur maritime face aux défis de la propriété et de l’accès aux données des navires

De plus en plus numérisé, le secteur du transport maritime se heurte à des questions complexes concernant la propriété, l’accès et l’utilisation des données générées par les navires, qui touchent de nombreuses parties prenantes.

Elena Marchetti2 min de lecture
Représentation numérique abstraite du flux de données des navires à travers un réseau

Les efforts de numérisation en cours dans le secteur maritime ont placé au premier plan d’importantes discussions sur les données des navires. Si le principe de propriété des données peut sembler simple, les modalités pratiques de collecte, de traitement et d’utilisation des données générées par les navires font intervenir de multiples entités, créant un environnement complexe pour les parties prenantes.

Les données VShip sont souvent générées par les fabricants d’équipements d’origine (OEM) embarqués, puis traitées par diverses parties. Il s’agit notamment des gestionnaires de navires, des affréteurs, des autorités portuaires et de différents fournisseurs de plateformes technologiques. Chacun de ces intervenants joue un rôle dans le cycle de vie des données, de leur création à leur agrégation et à leur analyse.

Cette multiplicité d’intervenants complique la définition précise des droits d’accès et de contrôle. L’interprétation des données, leur agrégation à partir de sources diverses et la création de valeur commerciale à partir de celles-ci sont devenues des sujets de discussion centraux dans le secteur. Les parties prenantes souhaitent comprendre leurs droits et leurs responsabilités à l’égard de ces informations.

Le secteur du transport maritime reconnaît depuis longtemps l’importance croissante des données, les assimilant souvent à une matière première précieuse. Cette perspective souligne le potentiel des données pour accroître l’efficacité, améliorer les opérations et créer de nouvelles perspectives commerciales tout au long de la chaîne d’approvisionnement maritime. La concrétisation de ces avantages reste toutefois subordonnée à la résolution des problèmes sous-jacents de gouvernance des données.

Un écosystème de données en évolution

L’évolution des technologies maritimes se traduit par l’installation à bord des navires d’un éventail toujours plus large de capteurs et de systèmes qui génèrent en continu des données opérationnelles, de navigation et environnementales. Ce flux continu d’informations offre un potentiel considérable pour optimiser les voyages, anticiper les besoins de maintenance et renforcer la conformité réglementaire.

À mesure que davantage d’aspects de l’exploitation des navires s’appuient sur les données, les cadres juridiques et commerciaux régissant leur propriété et leur utilisation font l’objet d’un examen approfondi. Il est essentiel de clarifier ces cadres pour favoriser l’innovation et garantir une répartition équitable de la valeur entre tous les contributeurs à l’écosystème des données. La situation actuelle exige une approche collaborative pour élaborer des normes et des bonnes pratiques communes à l’ensemble du secteur.

Points de vue des parties prenantes

Les différentes parties prenantes du secteur maritime ont souvent des intérêts distincts concernant les données des navires. Les propriétaires de navires revendiquent généralement la primauté de leurs droits de propriété sur ces données, compte tenu de leur investissement dans l’actif qui les génère. Les affréteurs peuvent toutefois souhaiter y accéder pour optimiser les opérations, tandis que les fournisseurs de technologies cherchent à les exploiter pour proposer des services d’analyse ou développer des plateformes.

Les OEM jouent également un rôle important, car leurs équipements génèrent souvent des données dans des formats propriétaires ou sont soumis à des accords spécifiques d’utilisation des données. Concilier ces différents intérêts exige une compréhension approfondie de la contribution de chaque partie et des avantages qu’elle peut en tirer, afin d’orienter l’élaboration d’accords équitables de partage des données.

Sources et attribution

Article rédigé à partir de Splash 247. Consulter l’article original

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